24 juin 2009

cadeau de fin d'année

À la fin de l’année, j’aime bien faire un livre personnalisé pour mes finissants. Dans ma classe multi-niveaux et multi-âges (10 à 12 ans), ce ne sont pas tous qui passent au secondaire en même temps. J’ai donc, à chaque année, entre 3 et 5 finissants.

Je prends donc un temps fou pour monter ces albums, faits un à la fois, avec les photos accumulées au fil des 2 ou 3 années qu’ils ont été dans ma classe. J’aime faire ça, mais souvent, dans tout ce qu’il y a à faire en fin d’année, ça fait que je me couche tard, que je dors peu et que je me questionne : est-ce que ça vaut la peine?
Bien sûr, un peu avant de leur remettre, je suis excitée et nerveuse : vont-ils être contents? Verront-ils là tout le temps et l’affection que j’y ai mis? Eux, comme je le fais à chaque année, attendent et espèrent aussi alors je souhaite toujours que ce soit à la hauteur de leurs attentes.
Je ne suis pas un prof qui achète des choses aux élèves. Je leur ai déjà dit que je préférais qu’on se créé des souvenirs, qu’on fasse des activités spéciales ensemble, mais moi, acheter des bébelles, très peu pour moi. Parfois, lorsque je vois les trucs que reçoivent les autres élèves et le regard un peu envieux de certains des miens, je doute.
Hier, donc, j’ai remis le livre à chacun de mes finissants. Ils l’ont regardé, d’abord vite. Puis, chaque page. L’ont montré aux autres. L’ont encore regardé. L’ont traîné avec eux dehors. Une le serrait même dans ses bras. Je voyais dans leurs yeux l’émotion et le contentement.

Alors oui, ça vaut la peine.

21 juin 2009

La dernière...

semaine avec les cocos. En fait, que 2 jours il reste! C'est la première année où je ne suis pas épuisée, même si je ne chôme pas avec mon horaire surchargé.
Un groupe facile, agréable, avec qui je ne me fâche presque jamais. Le genre d'élèves à comprendre le non-verbal et à vite savoir qu'on peut s'amuser en classe sans pour autant déranger-manquer de respect.

J'ai un pincement.
Tout au long de l'année, une impression de groupe exceptionnel a plané et j'ai eu des jaloux de collègues.
Je perds 5 élèves, dont 4 qui sont avec moi depuis trois ans. Je perds élève passif, mes mignonnes croquables, élève angoissé mais si mignons (tous des surnoms que je leur ai donné la première année pour parler d'eux ici-même), puis une autre élève, de qui j'ai peu parlé et oh! pourtant, c'est une Poquée avec un grand P.
Je les sens heureux de partir vers le secondaire, mais avec cette petite hésitation, ce : oh, ça a passé bien trop vite madame unautreprof. Ils me promettent déjà de venir me revoir.
J'ai l'impression que lors du départ des autobus, j'aurai un deuil à faire.

20 juin 2009

Zee Avi

http://www.myspace.com/zeeavi

Du bonbon!

12 juin 2009

Billet à la Aurélie Laflamme

16h52
Je vais au marché acheter des fruits et des légumes.
16h55
Je tâte les mangues en cherchant celles qui seront parfaites pour demain et là, malheur, j'en prends une qui, à elle seule, maintenait l'équilibre de ce petit monde des mangues. Ça se met à débouler, perte totale de contrôle.
16h56
AAAAARRRRRRRRRRRGHHHHHHH!
Un monsieur m'aide en ramassant une mangue qui roule à ses pieds, pour ne pas se sentir coupable, sûrement, et fuit aussitôt, me laissant seule.
16h57
Ma hanche sert d'appui et mes deux mains aussi retiennent les fruits, alors que mes yeux suivent du regard une autre mangue à la dérive, par terre. Je lâche un petit cri désespéré et un employé se porte à mon secours.
16h58
Je suis un peu secouée et très absorbée alors que je me rends à la caisse, peu après avoir pris à la hâte un avocat et des tomates cerises (ou raisins, ou bleuets, je ne sais plus trop). La personne en face de moi rit toute seule, mais ça la regarde, même si je le trouve un peu intense. Puis, elle se tourne vers moi et me dit :
"Veux-tu passer avant moi? Tu as l'air pressée"
"Euh, non merci, ça va"
Pfft, insultant.
Non mais, dire que j'ai l'air pressée ça veut dire quoi, que j'ai l'air stressée? Stressante? C'est pas parce que je me remets de ma mésaventure que je suis pressée. Je suis relaxe et très zen.
Note à moi-même : Sourire d'un air idiot dans les endroits publics pour ne pas me faire traiter de fille stressée.

09 juin 2009

Élève passif

Dans une dizaine de jours, ce sera le temps de souhaiter un bon restant de vie à mes finissants. Quatre d’entre eux auront été mes élèves pendant 3 ans. C’est long et je ne suis pas convaincue, comme l’est mon patron, que ce soit positif pour ces élèves d’avoir la même enseignante si longtemps. Premièrement, l’attachement est vraiment plus profond, oui, mais il est aussi plus près d’une certaine dépendance. Deuxièmement, pour mes anxieux (trois d’entre eux), c’est certes confortable mais ça cristallise le lien et rend la transition sûrement plus difficile. Quoique je remarque que mes filles ont hâte de passer à autre chose et que le bonheur de passer au secondaire prend le dessus. Tant mieux. Elles verbalisent qu’elles n’ont pas hâte de me dire aurevoir, mais qu’elles sont prêtes à partir.
Sinon, mes gars réagissent un peu plus, surtout élève passif. D’ailleurs, moi aussi c’est de lui que je vais le plus m’ennuyer. Lui et moi avons eu un parcours tumultueux mais affectueux. Cet élève qui vit la dérive au niveau familial (malgré une maman aimante) a pu trouver au sein de la classe une stabilité sécurisante. Avec lui, on se parle souvent avec les yeux et on se dit surtout des belles choses. On rigole en cachette et on se raconte plein d’histoires. Il me parle, souvent, de tout et de rien. Il est intéressant d’ailleurs le p’tit bonhomme.
Cette année, il a eu une médication pour son immense TDA carabiné et il a enfin pu avoir accès à ses capacités scolaires. Toujours en grande difficulté, au moins, il arrivait à faire une tâche, à la mener à terme et aussi, surtout, à aller chercher de l’aide. Quelques moments de découragement sont arrivés, puis, après la fois où je lui ai dit qu’il pourrait se planter encore et encore que ça n’effacerait pas tous les efforts qu’il fait, que je suis immensément fière de lui , j’ai vu une différence. Calligraphie plus lisible, espace entre les mots, une diminution importante des fautes d’orthographe, capacité de faire des compréhension de lecture de fin 2ième cycle et plus encore.

La fierté, le plaisir de se dépasser, la jouissance intellectuelle qui vient de l’effort mental, enfin, il pouvait les vivre.

Alors voilà, à quelques jours de la fin de l’année, ça s’effondre. Plus de médication. Il essaie, se met à la tâche puis n’arrive pas à maintenir son attention. Il décroche, se cache, a les yeux plein d’eau., viens me voir, tristounet.

Bon, c’est bien dommage, j’ai essayé de rentrer en contact avec les parents, un genre de message : « on ne lâche pas, allez, il y a des évaluations en fin d’année, votre fils a besoin de sa médication! » L’élève me l’a dit aussi mais ils ne veulent plus la lui donner. Il faut savoir que l’an dernier, il n’est pas venu les dernières semaines, voyez-vous, en juin , l’école, ça ne compte plus. Sinon, j’essaie de rester zen et de ne pas m’emporter.

05 juin 2009

Billy et Elton

http://www.ledevoir.com/2009/06/04/253362.html
J'y étais.

Soirée enlevante.

Moi, c'était surtout pour Billy Joel que j'y étais, même si, les 2 chansons que je préfère d'Elton John, "Daniel" et "Don't let the sun go down on me" ont mouillé mon regard.

Générations confondues, public heureux, le coût élevé du billet était justifié. Près de 3h30 de spectacle, 35 chansons, 2 géants au piano et leurs musiciens qui occupaient la scène avec fougue.

Un seul regret (tout petit, tout petit), j'aurais aimé entendre "Keeping the Faith". J'espérais un peu, mais en même temps, la finale, avec le classique "Pianoman", a tout apaisé. La foule du Centre Bell semblait d'accord...

Sing us a song tonight, we're all in a mood for a melody and you've got us feeling allright

23 mai 2009

D'un pas à l'autre

Mon amie m’a dit l’autre jour que lors de ses moments d’anxiété intense, la seule chose qui réussissait à la recentrer était d’aller courir.
Moi, je ne cours pas. Du moins, pas encore. J’ai toujours trouvé ça beau la course. En allant travailler à mon ancienne école, près de l’eau, je voyais souvent les gens le matin s’adonner à ce sport. Quelle dévotion, quelle liberté!
Pour le moment, je marche. Pas tranquilo, mais avec un bon rythme, sans musique aux oreilles. Des fois, quand mon horaire est plus serré, je me contente d’une trentaine de minutes, sinon, c’est entre 1h. et 1h30 que je me balade. Mon nouvel amour est le parc Maisonneuve. De chez moi, y aller, en faire le tour et revenir me prend un bon 75 minutes. Quel bel espace vert à Montréal, grand, vaste, un peu « vallonneux »! Je prévois aussi aller au jardin botanique, tout aussi près, pour respirer l’air des fleurs.
En peu de temps, d’abord pour chasser cette anxiété, mais aussi simplement pour le plaisir, je suis devenue accro à cette évasion. J’y vais à tous les deux jours, je me permets cette escapade et ce moment privilégié où je ne fonctionne plus pour les élèves, pour mes parents, pour mes amis, pour mon amoureux mais pour moi, où ma respiration compte, mon corps ressent, mes narines frétillent et la vie est claire, simple, vivante, où ma confiance en moi, en la vie et en mes capacités revient . La verdude des parcs ou encore la vie de la ville me font l'effet d'un vrai tonique tout comme celui d'un apaisant naturel.
Je crois bien, que, bientôt, j’oserai courir, pour commencer un 2-3 minutes, puis, un peu plus. À la vitesse où je marche, je ne suis qu’à un pas d’y arriver.