En classe, chaque élève a un cahier de communication dans lequel il m'écrit selon des thèmes donnés. Il peut aussi servir de journal, où l'enfant se confie à moi. Tout ce qui s'y trouve reste entre lui et moi, c'est confidentiel. Je réponds à tous les messages, je pose moi aussi des questions. C'est un outil intéressant dans lequel je ne corrige pas les fautes.
Ce matin, ils m'écrivent leurs résolutions. Passe une de mes grandes qui a perdu son père il y a 3 ans qui m'écrit : "Arrêter de vivre dans le passé et profiter du présent." Elle me regarde, doucement, je mets ma main sur son bras et je dis, non sans émotion : "Comme tu as vieilli cocotte depuis l'an passé!". Un autre élève vient me voir "Ne plus parler dans les rangs". Je vois aussi "Faire tous mes devoirs" "Mieux ranger ma chambre" "Apprendre à mieux lire" "Améliorer mon écriture parce que c'est difficile pour moi".
Pour être franche, je suis fière de lire ce qu'ils m'écrivent, je trouve qu'ils se connaissent bien et ciblent avec précision leurs difficultés.
Arrive une de mes grande fille de 12 ans, vous savez, le genre d'élève qui fait qu'on a toujours envie d'aller travailler. Persévérante, vive, appliquée, gentille, sensible, critique, pertinente, intéressante, drôle mais drôle! charmante, belle, sérieuse, rieuse ne sont que quelques-unes de ses qualités. C'est une perle.
Elle voit très peu sa mère qui habite loin et vit avec son père qui est un homme charmant (et ahem...célibataire;) !!!) et lorsqu'on le rencontre, on comprend les qualités de la fille.
Elle me montre alors sa résolution :
"Ne plus parler à ma mère."
Mon coeur a manqué un coup, mes yeux se sont embués. Je lui ai écrit :
"Veux-tu qu'on en parle?"
Sa réponse :
"Oui."
Bien sûr, ce n'était pas le moment avec tous les élèves autour. J'ai donc "pris un rendez-vous avec elle au dîner". Ça m'a fait réfléchir sur la réalité familiale de mes élèves. Cette année, j'ai le groupe le plus facile que j'ai eu depuis le début de ma carrière (stages compris). Ils sont intéressés à tout (sauf MON cas, LE cas, celui qui ne fout RIEN, mais crissement RIEN mais bon...), respectueux, coquins, participants, travaillants. Ce sont des élèves plutôt angoissés mais qui arrivent, dans les conditions de la classe, à respirer par le nez. C'est un tel plaisir que de travailler avec eux que j'en oublie parfois leur réalité, leur souffrance n'étant pas aussi palpable que celle de mes élèves de l'an dernier.
Des statistiques-maison les concernant (arrondies) tristes :
35% n'a aucun contact avec le père, la plupart parce que ce dernier refuse.
50% ne voit pas du tout un des 2 parents.
21% provient d'un milieu stable et organisé (2 de famille traditionnelle, dont une qui a été adopté parce que ses parents l'ont abandonnée et 1 de famille à garde partagée).
28% a fréquenté 1 ou 2 écoles primaires, en tout.
21% a fréquenté 3 écoles primaires, en tout.
21% a fréquenté 4 écoles primaires, en tout.
Les autres ont fréquenté plus de 4 écoles.
Un de mes élèves a, depuis l'an dernier (depuis que je l'ai) déménagé 7 fois. Une autre que j'ai aussi depuis l'an dernier, 4 fois.
Fait intéressant, mon élève le plus angoissé qui a un trouble panique et qui est suivi à Douglas est celui qui le milieu le plus stable, fonctionnel et les parents les plus impliqués (sans non plus trop en faire). Comme quoi... parce que de bons parents aux prises avec des enfants en difficulté, il y en a un paquet, je ne le dis pas assez souvent.
Enfin, pour ma grande, je me demande ce qu'il se passe.
Ce matin, ils m'écrivent leurs résolutions. Passe une de mes grandes qui a perdu son père il y a 3 ans qui m'écrit : "Arrêter de vivre dans le passé et profiter du présent." Elle me regarde, doucement, je mets ma main sur son bras et je dis, non sans émotion : "Comme tu as vieilli cocotte depuis l'an passé!". Un autre élève vient me voir "Ne plus parler dans les rangs". Je vois aussi "Faire tous mes devoirs" "Mieux ranger ma chambre" "Apprendre à mieux lire" "Améliorer mon écriture parce que c'est difficile pour moi".
Pour être franche, je suis fière de lire ce qu'ils m'écrivent, je trouve qu'ils se connaissent bien et ciblent avec précision leurs difficultés.
Arrive une de mes grande fille de 12 ans, vous savez, le genre d'élève qui fait qu'on a toujours envie d'aller travailler. Persévérante, vive, appliquée, gentille, sensible, critique, pertinente, intéressante, drôle mais drôle! charmante, belle, sérieuse, rieuse ne sont que quelques-unes de ses qualités. C'est une perle.
Elle voit très peu sa mère qui habite loin et vit avec son père qui est un homme charmant (et ahem...célibataire;) !!!) et lorsqu'on le rencontre, on comprend les qualités de la fille.
Elle me montre alors sa résolution :
"Ne plus parler à ma mère."
Mon coeur a manqué un coup, mes yeux se sont embués. Je lui ai écrit :
"Veux-tu qu'on en parle?"
Sa réponse :
"Oui."
Bien sûr, ce n'était pas le moment avec tous les élèves autour. J'ai donc "pris un rendez-vous avec elle au dîner". Ça m'a fait réfléchir sur la réalité familiale de mes élèves. Cette année, j'ai le groupe le plus facile que j'ai eu depuis le début de ma carrière (stages compris). Ils sont intéressés à tout (sauf MON cas, LE cas, celui qui ne fout RIEN, mais crissement RIEN mais bon...), respectueux, coquins, participants, travaillants. Ce sont des élèves plutôt angoissés mais qui arrivent, dans les conditions de la classe, à respirer par le nez. C'est un tel plaisir que de travailler avec eux que j'en oublie parfois leur réalité, leur souffrance n'étant pas aussi palpable que celle de mes élèves de l'an dernier.
Des statistiques-maison les concernant (arrondies) tristes :
35% n'a aucun contact avec le père, la plupart parce que ce dernier refuse.
50% ne voit pas du tout un des 2 parents.
21% provient d'un milieu stable et organisé (2 de famille traditionnelle, dont une qui a été adopté parce que ses parents l'ont abandonnée et 1 de famille à garde partagée).
28% a fréquenté 1 ou 2 écoles primaires, en tout.
21% a fréquenté 3 écoles primaires, en tout.
21% a fréquenté 4 écoles primaires, en tout.
Les autres ont fréquenté plus de 4 écoles.
Un de mes élèves a, depuis l'an dernier (depuis que je l'ai) déménagé 7 fois. Une autre que j'ai aussi depuis l'an dernier, 4 fois.
Fait intéressant, mon élève le plus angoissé qui a un trouble panique et qui est suivi à Douglas est celui qui le milieu le plus stable, fonctionnel et les parents les plus impliqués (sans non plus trop en faire). Comme quoi... parce que de bons parents aux prises avec des enfants en difficulté, il y en a un paquet, je ne le dis pas assez souvent.
Enfin, pour ma grande, je me demande ce qu'il se passe.
8 commentaires:
Nous aussi, nous nous demandons ce qui se passe dans son cas. J'espère que l'élève ne veuille pas que tu remplaces la mère!!! Par ailleurs, j'adore ton écriture et ta manière d'enseigner.
Bonne fin de journée.
Je trouve déja très bien que la petite fille veule bien t'en parler.Ton cahier,outil par excellence pour communiquer.Avoir un enfant ayant des difficultées..et te connaître je l'aurais dirigé vers ton enseignement.
Je n'aurais pas tenté de remplacer sa mère par toi bien sur hahaha.
Malgré que tu es une personne à mon sens ..qui ne reste pas dans l'oublie ;)
Je crois que chaque prof demande a leur élève d'écrire leur résolution 2008 et tu veux voir ce que j'ai marquer parce j'suis hot no pas vraiment mais baon...
- Change my hair
-Change my eyes in brown
-Change my step-father
-Change my dog
J'ai pas hate de voir le commentaire de la prof oufff... lol Ah oui et bonne année 2008 prof ;)
Ce sont des statistiques qui font réfléchir sur le modèle familial et la société qui pousse. Nous sommes de plus en plus loin de la grande famille traditionnelle... Mais oû s'en va-t'on ?
un chahier de communication c'est tu comme un blog non-virtuel ;)
bonne journée et au plaisir !
Ton implication auprès de tes élèves me donne espoir dans notre race.
Pour ce qui est des enfants difficiles issus de familles collaboratrices, tu as raison, il en pleut. Sauf qu'à part l'attention qu'ils vont ainsi chercher, je ne comprends toujours pas pourquoi.
Très intéressant.
confidentiel vous dites ???
questionnement ???
plotin: Merci
Eric : Merci aussi;)
Fillette : :) Tu me fais rire
Pascal : On change comme société. des familles à garde partagée stables existent, plus tradionnelle aussi. Je crois que la stabilité est ce qui influence le plus, mais bon. Ne règle pas tout hein!
Nicolas : Oui!
En saignant : Ah mais ce n,est pas si simple. Des troubles comme par exemple la dyslexie ou le TDAH sont neurologiques et quoique le milieu peut aider à outiller les enfants ou non... enfin.
Anonymous : Oui, j'ai dit confidentiel, oui j'ai aussi parlé de questionnement.
A+ pour votre décodage ;)
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