Voilà, samedi, enfin. Non pas que le semaine a été pénible, ni même difficile, au contraire, les journées étaient plutôt agréables, tout compte fait. Quelques pépins, dont une intervention physique, juste à temps avant le désastre.
Couchée tôt hier, j'ai fait le tour de l'horloge. Me suis réveillée à l'heure de la semaine, ai nourri les minets et suis retournée dans mon lit douillet. Ma tête pleine de pensées, de la semaine justement, de ces belles retrouvailles, dont celle avec mon grand poquée de l'an dernier, le cas le plus triste que j'ai connu. Il avait un de ces sourires lorsqu'on s'est vus. Les yeux brillants. On ne savait pas quoi dire. Pas comme l'autre élève qui lui était un moulin à paroles. Moi, je souriais, écoutant, l'air niais sûrement.
Les revoir m'a fait plaisir.
Aussi, j'ai rencontré ou revu les parents de mes élèves. Pas tous. Ceux que je désire le plus voir n'ont sont pas venus. Aucune surprise ici. Les autres étaient là, à l'heure, non, que dis-je, sauf un, ils étaient tous en avance. De belles rencontres. On parlait de leur enfant, librement, en confiance. Avec la plupart, j'ai même rigolé. Ceux qui me connaissent avaient hâte de me voir, moi aussi : les nouvelles sont bonnes. Les enfants progressent. Ils le voient à la maison, aux devoirs. C'est encourageant.
Oui, vraiment, une belle semaine. Mon corps me dit maintenant de bien me reposer car même les trop-pleins positifs vident.
4 commentaires:
C'est fait pour ça, les fins de semaine, le repos. Ou... le ménage! Ne riez pas, le ménage est une activité hautement réconfortante et zen, je suis en train non pas de faire du ménage mais de lire là-dessus, le livre de la japonisante Dominique Loreau que vous connaissez déjà, "Faire le ménage chez soi, faire le ménage en soi." C'est qu'elle est convainquante, la mausus!
Une femme libre: Il n'y a que vous pour lire sur le ménage et repousser le moment de le faire. Vous êtes drôle, pleine de contradictions. C'est ainsi qu'on vous aime.
Un autre prof: C'est ce que je suis en train de constater. Tout vide. Bons et mauvais moments. Le repos, c'est la neutralité. Mais est-ce bien relevant, une vie au neutre?! :) Bon repos, ce weekend. Comme d'habitude, je cours partout.
Cool!
Vous êtes-vous tout de même dit quelques mots, ton extra-spécial et toi?
La place d'un/e bon/ne prof dans notre vie ne se décrit pas. Comme un bras qui pousse, une partie de sa croissance.
Zed :D
Femme Libre : Je ne ris pas. Faire du ménage fait du bien. J'ai tendance à me laisser aller, je nettoie l'essentiel mais je deviens traîneuse et hop, je me force à inviter quelqu'un pour me motiver à faire un vrai grand ménage. Le bonheur d,arriver chez soi après est plus grand.
Mme Loreau est en effet très motivante! Je vais lire ce livre éventuellement. L'art de l'Essentiel l'an dernier m'avait permis de faire tout un ménage. Moi qui n,aie qu'un garde-robe je n'ai pas grand espace pour accumuler et pourtant...
Lud : Mon repos à moi est plein. Plein de livres, de mots, d'images, de flânage. Je fais le vide de mon boulot oui, mais le plein de moments de petits bonheurs entre moi et moi. C'est pour moi le meilleur des deux mondes : au boulot, c'est l'action, chez moi, c'est plus doux.
Zed : Oh mais on s'est parlé avec les yeux. Les siens me disaient son bonheur de me voir. Je lui ai demandé s'il s'ennuyait de moi et il a dit : oui. J'ai dit que je m'ennuyais aussi, que je pensais à lui à tous les jours (c'est vrai) puis lui ai dit que je gardais près de moi un souvenir de lui (vrai aussi). Tu comprendras l'importance de lui dire de telles paroles après avoir lu ceci:
Cet enfant a une mère qui a comme métier de s'occuper de d'autres enfants. Elle s'occupe d'eux donc et de sa fille, mais pas de son gars. L'indifférence totale. Son fils a des grandes périodes de violence envers les autres (élèves et adultes- mais jamais avec moi). Il a été maintes fois suspendu. Sa mère nous disait : foutez-le dehors et appelez la police, moi j'ai autre chose à faire. Devant son gars de 11 ans. Souvent. Ou encore elle répliquait : c'est pas mon problème.
L'élève m'a raconté que lorsqu'il revenait chez lui, elle ne lui parlait pas dans de tels moments. Elle faisait autre chose ou gâtait son autre fille, qui était une élève modèle à l'école.
Un fois, à l'école, on avait fait une rencontre avec elle et lorsqu'elle parlait, il regardait par terre. Ils ne se regardaient pas. Jamais. Les seuls moments où mon élève levait la tête était quand je parlais. Ce sont les autres adultes présents qui me l'ont fait remarqué.
Je n'ai jamais senti une telle froideur chez un parent. Jamais. Probablement qu'elle était dépassée et se sentait impuissante et que c'était sa façon de se protéger, je ne sais pas.
Le père lui était présent mais semblait avoir lui-même des difficultés.
Je sais avoir été importante parce que j'étais solide et là pour lui. Mon affection pour lui demeurait, dans les hauts et les bas.
L'équipe école a été géniale. Avait aussi cette attitude présente, cette façon de lui montrer qu'on s'occupait de lui. Mais la tristesse de cet élève était terriblement immense. Malgré tout on n'arrivait pas vraiment à la combler. On n'est pas la mère.
D'où l'importance de ma visite. Je voulais qu'il le verbalise qu'il s'ennuyait et que je réponde que moi aussi. Que je ne l'oubliais pas.
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