Il y a d'abord celle au boulot. Pleine, bougeante, exigeante, difficile, gratifiante, stimulante, stressante, motivante, là je dois être en relation constante avec mes élèves et avec mes collègues. Il y a des fous rires, des conflits, de drôles d'émotions, il y a l'impuissance partagée, l'impression de toujours avoir à se battre pour nos élèves, pour avoir de l'aide, pour ne pas sombrer, il y a aussi la complicité et les rires de survie, ceux qui indiquent qu'on est dépassés, troublés, mais qu'on essaie de s'en sortir et que, tant qu'à être plongés jusqu'au cou dans cette aventure si singulière, on en rit, jaune ou pas.
Mais on ne rit pas toujours, par moments, les épaules sont basses, les mines à terre et les gens se renferment un peu. Les pas sont pesants et les étages difficiles à franchir.
On s'entend souvent pour dire qu'une chance qu'il y a nos élèves, trop nombreux ou trop en difficulté, mais on est d'accord pour dire qu'ils ne constituent pas en soi le problème. Ils ont souvent encore de l'espoir plein les poches et une certaine confiance en nous, ce qui est lourd, parfois, mais pour les rares élèves éteints qu'on côtoie, on préfère la lourdeur.
Dans mon autre vie, il y a la lecture, le silence, les moments volés avec les êtres chers, les chats et les petites douceurs de la vie. Si j'apprécie mon année avec ce groupe exceptionnellement attachant (même les suppléants en raffolent!), le congé qui s'annonce permettra de décrocher et d'être moins sollicitée, de me sentir moins impuissante envers mes nombreux collègues en détresse, au bord du gouffre, envers mes élèves qui ne sont pas bien à la maison.
D'ici là, les derniers jours de classe avant les vacances seront, je le souhaite, doux et ... blancs!
8 commentaires:
Ces deux vies sont très différentes, mais elles se complètent, constituent ton équilibre. Toi aussi profite bien des vacances...
C'est étrange, j'ai l'impression d'avoir déjà lu ce texte, avec les mêmes mots, les mêmes tournures...
L'aurais-tu déjà publié l'an dernier ?
s.h.
Lud : Oui, je le crois aussi. Je te le souhaite aussi ;)
Seb : Euh, non. Zut alors, je radote! Hihi...
Seb : Mais ce n'est pas la première fois que je parle de mon impuissance lorsque mes collègues peinent. Je pense aussi que je «redonde» avec le fait que je trouve le milieu difficile.
Est-ce que le blanc sert à chasser les idées noires? :D
Pas grand sapins à vendre ici, en tout cas. Quelques pauvres fouets bien ligotés ici, là, je n'ose même pas dire « et ».
On repasse par des chemins semblables, on les prend différemment, les photographies se targuent de prendre des lumières jamais vues avant. La vie.
Cristaux de neige *****
Zed ¦)
Il me semble en effet que tu avais déjà évoqué ce sujet avec des mots assez proches.
Je te souhaite de belles fêtes reposantes.
Zed : Pas trop d'idées noires dans mon cas. Quoique, mais bon, déjà, on passe à autre chose. La vie comme tu dis!
Solange : Merci, je te le souhaite aussi!
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